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Malformations craniofaciales

Fente labio-maxillo-palatine

Informations fondées sur les causes, le diagnostic, les étapes du traitement et le suivi à long terme – pour les familles et les professionnels.

En bref

La fente labio-maxillo-palatine (fente LMP) est l'une des malformations congénitales les plus fréquentes : environ 1 nouveau-né sur 500–700 est concerné (CIM-10 Q35–Q37). Elle résulte d'une fusion incomplète de la lèvre, du maxillaire et/ou du palais entre la 4e et la 12e semaine de grossesse. Avec un traitement interdisciplinaire moderne – débutant peu après la naissance – la fonction et l'esthétique peuvent être très bien rétablies.

Quelles formes existe-t-il ?

Le spectre va d'une petite encoche de la lèvre à une fente bilatérale des trois structures :

  • Fente labiale (Q36) – seule la lèvre est touchée, unilatérale ou bilatérale
  • Fente labio-maxillaire – la lèvre et l'os maxillaire sont fendus, palais intact
  • Fente labio-maxillo-palatine (Q37) – fente complète, la forme complexe la plus fréquente
  • Fente palatine isolée (Q35) – seul le palais est fendu ; → page dédiée
  • Fente palatine sous-muqueuse – cachée sous une muqueuse intacte, souvent reconnue tardivement
Syndromique vs non syndromique Environ 70 % des fentes sont non syndromiques (malformation isolée). 30 % surviennent dans le cadre de syndromes – p. ex. Apert, Crouzon ou séquence de Pierre Robin. Les formes syndromiques nécessitent un bilan génétique élargi.

Quelle est la fréquence de la fente LMP ?

Les fentes orofaciales surviennent, selon la région et la définition, chez environ 1 nouveau-né sur 500–700 – en Suisse, environ 100–130 enfants concernés par an.[1]

Leur origine est multifactorielle. Facteurs de risque connus :

  • Génétique : antécédents familiaux dans env. 20–30 % ; risque de récurrence de 2–5 % selon la forme
  • Tabagisme pendant la grossesse (OR ~1,5–2,0)[2]
  • Carence en acide folique, certains médicaments (p. ex. valproate), diabète maternel
Pour les parents Dans la plupart des cas, aucune cause unique ne peut être identifiée. Une fente n'est pas une faute des parents. Pour les questions sur le risque de récurrence : conseil génétique recommandé.

Prévention

Acide folique 0,4 mg par jour, dès quatre semaines avant la grossesse planifiée jusqu'à la fin du 1er trimestre – réduit de façon démontrée le risque de fentes non syndromiques.[3] Éviter le tabac et l'alcool.

Quand une fente LMP est-elle détectée ?

Prénatal : les fentes labiales et labio-palatines peuvent être vues dès la 18e–20e semaine à l'échographie qualifiée. Les centres spécialisés détectent les premiers signes dès la 14e semaine. La fente palatine isolée est à peine détectable avant la naissance – les structures du palais sont difficiles à évaluer à l'échographie.[4]

Postnatal : les fentes labiales sont immédiatement visibles. Les fentes palatines isolées et sous-muqueuses sont diagnostiquées par inspection clinique et palpation – cet examen ne doit pas manquer lors du dépistage néonatal.

Un diagnostic prénatal donne aux familles un temps de préparation précieux : contact précoce avec l'équipe de traitement, accompagnement psychologique, information avant la naissance.

Étapes du traitement, de la naissance à l'âge adulte

Naissance
Première prise en charge & conseil nutritionnel. Technique de succion, biberons spéciaux (p. ex. Medela SpecialNeeds), plaque palatine. → page nutrition
1–3 mois
Orthodontie préopératoire (optionnelle). Modelage nasoalvéolaire (NAM) ou plaque palatine pour former l'arcade et le cartilage nasal avant l'opération.
3–6 mois
Fermeture de la lèvre (chéiloplastie). Correction de la forme de la fente, reconstruction du muscle orbiculaire de la bouche. Techniques établies : plastie de Fisher modifiée, technique de Millard.[5]
9–18 mois
Fermeture du palais (palatoplastie). Séparation des cavités buccale et nasale, permettant un développement normal de la parole. Le moment influence l'équilibre entre développement de la parole et croissance maxillaire.[6]
1–9 ans
Orthophonie & contrôles de la parole. En cas d'insuffisance vélopharyngée : orthophonie ou vélopharyngoplastie. → orthophonie
9–11 ans
Greffe osseuse alvéolaire. Greffe osseuse (crête iliaque) pour l'éruption de la canine et la continuité du maxillaire. → page détaillée
Adolescence
Orthodontie, éventuellement ostéotomie ou distraction du massif facial en cas de recul marqué du massif facial.
Au besoin
Rhinoplastie, révision de cicatrice, accompagnement psychosocial, autres mesures orthodontiques.

Pages associées

  1. Mossey PA et al. (2009). Cleft lip and palate. Lancet, 374(9703):1773–85. DOI
  2. Hackshaw A et al. (2011). Maternal smoking in pregnancy and birth defects. Hum Reprod Update, 17(5):589–604. DOI
  3. Wilcox AJ et al. (2007). Folic acid supplements and risk of facial clefts. BMJ, 334(7591):464. DOI
  4. Maarse W et al. (2011). Diagnostic accuracy of transabdominal ultrasound in detecting prenatal cleft lip and palate. Ultrasound Obstet Gynecol, 37(5):495–500. DOI
  5. Fisher DM (2005). Unilateral cleft lip repair: anatomical subunit approximation technique. Plast Reconstr Surg, 116(1):61–71. DOI
  6. Grunwell JR et al. (2021). Timing of palate repair and speech outcomes. J Craniofac Surg, 32(3):846–51. DOI

Étape du traitement: Ostéoplastie alvéolaire →

Thèmes associés

Pages complémentaires sur cette affection – diagnostic, traitement, thèmes transversaux et recherche.

Informations complémentaires

Sources externes de référence sélectionnées sur cette affection.

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